Sur l’utilisation du terme « Black » en France…

 » Elle est super jolie cette Black  » /  » J’ai beaucoup d’amis Black «  /  » Il est stylé ce Black« 

Black désigne une personne de couleur noire dans les pays anglo-saxons. Mais en France que pourrait véhiculer ce terme ?

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Le problème de ne pas utiliser les bons mots

Est-ce la crainte d’employer l’adjectif noir ou la volonté de paraître plus « in » plus « tendance » , calquée sur un modèle emprunté outre-atlantique ? Le Black permet de survoler ainsi toute une problématique sociale complexe liée à l’identité, à l’immigration et au racisme en France.

Puis prononcer noir pour désigner une personne ça ne le fait pas, c’est trop brut, trop âpre à l’oreille ; ainsi tous les détournements et stratagèmes sont bons à prendre. « Issu des minorités visibles », « issu de l’immigration » « issu de quartiers difficiles, de banlieue parisienne » « minorité ethnique », tant d’expressions conviées au bal hypocrite du débat sur l’identité nationale.

Si les philosophes des Lumières avaient utilisé le terme Black à la place de « nègre » ou « noir », le caractère suprémaciste de leurs écrits en aurait-il été altéré ?

La raison de cet article

L’euphémisme Black s’emploie pour faire digérer une pilule, et façonner une nouvelle identité noire en France, loin des préjugés. Cette nouvelle identité est celle d’une personne noire acculturée, vivant en parfaite adéquation dans un monde qui ne lui est en aucun cas hostile, car elle en respecte les codes sans vivre sous la houlette de sa propre identité. 

Je vois en l’utilisation fréquente du terme Black, la ré-utilisation contemporaine du terme nègre – que certains se plaisent à continuer, encore aujourd’hui d’employer pour désigner une personne de couleur noire ! Il y a ce même sentiment puissant de croire en un mot, en un synonyme qui voudrait dire la même chose que « noir ». Une solide croyance en autre chose, en une autre identité, qui n’est pas celle de l’intéressé(e).
Dans une démarche de valorisation, l’anglicisme Black semble être utilisé dans le but d’atténuer une pression sociale latente inexistante, produite par un déterminisme post-colonio-culturel.

Je lui préfère l’adjectif « noir » ayant subit les effets du verlan : « renoi », pour rester dans une réalité spatio-temporelle. (1).

 Faut-il nécessairement se définir en tant que Black de France pour raconter un nouveau récit dans la France du XXIème siècle ?

(1) Verlan, n.m. : Forme d’argot dans laquelle les syllabes des mots sont inversées.

Définition de http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/verlan/

 

9 réponses à « Sur l’utilisation du terme « Black » en France… »

  1. Avatar de culturieuse

    Je mets cet article très intéressant en lien sur mon post « Klimt ». Dis-moi si ça te convient.

  2. Avatar de Gustav Klimt (1862-1918) § Politiquement correct | CultURIEUSE

    […] pour noir? L’avis de Virginie sur africanlinks.net, une blogueuse d’origine africaine : clicker ici. Allez y faire un […]

  3. Avatar de Bounty Caramel

    Parfait !

  4. […] Links, SUR L’UTILISATION DU TERME « BLACK » EN FRANCE…, 6 février 2014 par Virginie […]

  5. Avatar de Jourdas
    Jourdas

    Parfaitement d’accord !! Moi, je suis blanche (cheblan, ça se dit ?) et je pense que black,renoi etc, sont juste des évitements, des façons de nommer un état de fait ( la personne est noire,
    voilà) ,qui gêne celui qui en parle, pour peut-être ne pas blesser le renoi en question. En fait, c’est blessant ou pas selon ce que tu dis à propos de ce noir, c’est tout.

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